Bien-Etre au Travail et performance de l’organisation sont-ils conciliables ?

Le 22 juin 1946, l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) définissait la santé comme « un état de complet bien-être physique, psychique et social ». Cette définition opérait alors une rupture avec la conception biomédicale classique de la santé qui avait prévalu jusqu’alors, faisant sortir la voix des individus du silence pour s’affirmer positivement comme un ressenti de pleine réalisation de soi, comme une capacité à utiliser entièrement ses ressources. Avec cette définition, le Bien-Etre a donc évolué d’une notion scientifique vers un principe éthique ; d’une conception commune vers une multiplication de pratiques hétérogènes.

Le concept de Bien-Etre a été appliqué aux différentes sphères de la vie humaine, motivant, en Belgique, l’émergence de textes de loi comme le Règlement général pour la Protection du Travail (R.G.P.T.). Celui-ci a été d’application jusqu’en 1993 et remplacé, ensuite, par le Code sur le Bien-Etre au Travail.

En 1996, la Belgique s’est dotée d’une loi sur le Bien-Etre au travail imposant, notamment, à tout employeur de procéder à un diagnostic et de mettre en place un plan de prévention en matière de santé et sécurité au travail. Après presque vingt années d’application de cette législation, force est de constater des pratiques de qualité fort variable et une certaine tiédeur des employeurs. Derrière cette difficile mise en œuvre la législation se cache une question lancinante : comment concilier Bien-Etre au Travail et performance organisationnelle ?

Le bien-être avantageux pour les organisation

En octobre 2012, le Professeur N. DELOBBE (UCL) et son équipe ont tenté de répondre à cette question en testant plusieurs hypothèses explicatives qui se dégageaient d’une revue de la littérature effectuée pour le compte du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale(Delobbe et al., 2009). Ces hypothèses ont été testées dans le secteur de la grande distribution.

Cette étude a confirmé qu’il était possible et profitable, pour l’entreprise, de mettre en place des conditions de travail et des pratiques de gestion préservant le Bien-Etre au Travail des travailleurs de ce secteur. Les bénéfices majeurs que l’on peut attendre d’une politique de promotion du Bien-Etre ont essentiellement trait à une réduction des taux objectifs d’absentéisme du personnel et à une amélioration de la satisfaction de la clientèle.

Le bien-être et les performances réconciliés

En conclusion, cette étude belge a, pour la première fois, permis d’objectiver le fait que les dimensions de Bien-Etre et de performance de l’organisation ne s’excluent pas mutuellement et peuvent être conciliées. Le Bien-Etre apparaît alors comme une variable médiatrice dans la relation entre conditions physiques et psycho-sociales de travail et pratiques de GRH, d’une part, et performance organisationnelle, d’autre part.

Source: Dr J. COLIN – Médecin du Travail @Securex SEPP

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Commentaires

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  • Bertou Dany

    18 juin 2015 08:42

    Les » travailleus » au sens large de nos entreprises sont comme des sportifs de hauts niveaux: »S’ils sont bien dans leur tête et dans leur corps ils seront bien sur le terrain ».Ils seront plus rentables , plus impliqués dans leurs tâches et l’entreprise en bénéficiera.Donc veuiller au bien-être de ses collaborateurs est un des paramètres de réussite de l’entreprise .Pour les plus résistants de nos managers ils n’ont qu’a y voir un « Altruisme Intéressé ! »

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