Un bourreau de travail ou un employé engagé dans votre équipe, que choisissez-vous ?

Le mardi 5 juin 2018 fut une journée mémorable pour la recherche RH. Non seulement parce que nous avons organisé notre 10e HR advisory board, mais aussi parce que nous avons eu la chance d’accueillir un invité très spécial et non des moindres : le professeur Dr Wilmar Schaufeli, qui nous a plongés dans le monde fascinant des bourreaux de travail.

J’ai retenu 5 aspects essentiels et je les partage avec vous.

Protégez vos travailleurs contre la dépendance au travail

Il est crucial pour les organisations de protéger leurs travailleurs de toute addiction au travail. Bien qu’il soit agréable et utile de compter un workaholic dans son équipe (quelqu’un qui respecte toujours les délais, est toujours prêt à travailler en soirée ou le week-end, donne toujours la priorité à son travail, est toujours disponible…), ce n’est pas nécessairement bénéfique à long terme. Que du contraire.

Il découlera de ce travail dur et obsessionnel des absences plus longues et répétées, des erreurs plus fréquentes et un risque accru de burn-out. Même s’ils vont vous manquer, repérez les accros au travail et aidez-les à décrocher.

Nous vivons dans une société « workaholic »

Tant notre religion catholique « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », notre culture organisationnelle « up or out » et nos technologies « always connected » font du travail intensif et obsessionnel une évidence. Mieux : quelqu’un qui passe son temps à travailler est toujours (très) bien vu. Cette situation n’étonne personne. La norme veut que l’on soit tout le temps occupé. Nous considérons, par ailleurs, qu’il s’agit souvent du seul moyen d’arriver à nos fins.

La dépendance au travail est cognitive, comportementale et émotionnelle

Une addiction au travail se joue à trois niveaux. Commençons par la dépendance cognitive au travail. Travailler devient presque une obsession : vous y pensez à chaque seconde. La dépendance se traduit, en outre, par le comportement : vous travaillez beaucoup, consacrez énormément de temps à votre boulot, et ce, très souvent au détriment de votre vie privée. Sans oublier la composante émotionnelle : vous culpabilisez lorsque vous ne travaillez pas.

Un workaholic ressemble fortement à un travailleur enthousiaste

Ils travaillent tous deux aussi dur, mais sont, dans le même temps, opposés. Là où un travailleur enthousiaste prend plaisir à travailler, sans être obsédé par ce qu’il fait, un bourreau de travail en retirera moins de satisfaction, mais s’y sentira obligé. Une obligation qu’il s’impose à lui-même. Un travailleur enthousiaste sera, qui plus est, toujours désireux d’apprendre, même de ses propres erreurs, alors qu’un workaholic évitera surtout de commettre des erreurs (il les cachera même) et voudra respecter les échéances. Les collaborateurs enthousiastes travaillent avec plaisir, n’ont aucun souci à déléguer et sont efficaces, tandis que les workaholics sont souvent tendus et anxieux, réticents à l’idée de déléguer et se noient sous les détails.

Un bourreau de travail n’a généralement pas conscience d’être accro au travail

Et si vous le lui suggérez, il le niera, à l’image des alcooliques et des dépendants au jeu. Il convient donc de « reconnaître » cette dépendance. Près d’un Belge sur cinq est accro au travail. Vous trouverez des chiffres plus récents dans cette enquête. En marge de la reconnaissance, il s’agit aussi de proposer le bon traitement. Les consultants de Securex peuvent vous y aider !

Bref, vous reconnaissez cette dépendance au travail ? Un de vos collègues est accro à son boulot ? Aussi utiles que puissent être ces personnes dans votre équipe ou votre organisation, elles se révéleront contre-productives à long terme. Essayez de leur faire prendre conscience de leur dépendance. Indiquez-leur, dans un premier temps, qu’il est possible de travailler aussi dur sans avoir ce sentiment désagréable d’obligation et d’obsession. Et sans se culpabiliser quand elles ne travaillent pas.

Travailler dur, c’est bien. Tant que vous le faites parce que c’est utile ou par plaisir. À l’instar du traitement d’autres formes de dépendance, le processus de « désintoxication » d’une addiction au travail doit toutefois être progressif. Mieux vaut se faire accompagner par un psychologue expérimenté.

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