La capacité de rebond est la compétence de demain

Dans le monde VUCA d’aujourd’hui, on attend beaucoup des gens. Les travailleurs ne peuvent pas se retrancher derrière un contrat de travail et espérer qu’il les mène jusqu’à l’âge de la retraite. Lorsqu’une usine d’envergure ferme ses portes, les politiques, les syndicats et les travailleurs hurlent certes à tout-va. Mais l’attention se détourne très rapidement du choc pour se porter sur les négociations. Et il s’agit très souvent de minimiser le désarroi des travailleurs, notamment en leur octroyant le droit à la retraite anticipée.

À l’issue de chaque restructuration majeure, certains collaborateurs peuvent se remettre au travail, même à un âge avancé. C’est une question de compétences, d’attitude et… de capacité de rebond, en l’occurrence la faculté de passer aisément d’une tâche et d’un environnement à un autre. Cette capacité vous permet de vous relever et de continuer votre route après avoir essuyé des revers. Elle vous aide à avancer et à aborder l’avenir avec sérénité. Il s’agit d’un savant mélange de flexibilité, de soif d’apprendre, d’optimisme, de confiance en soi et de santé mentale.

Les personnes qui détiennent cette capacité à rebondir retombent toujours sur leurs pattes. Elles sont indépendantes, prêtes à avancer dans la pénombre et convaincues qu’elles sauront comment réagir face à l’inconnu. Mieux : ce type de personne sait comment tirer avantage de cette énergie et s’épanouir dans un contexte nouveau.

La capacité de rebond est parfois sous-estimée. Elle est pourtant innée et nous la déployons d’autant plus lorsque la situation l’exige. Nous gérons les déboires de notre vie privée comme un divorce, la perte d’un être cher, un accident, une mauvaise décision (professionnelle)… Les gens prennent de nombreuses décisions lourdes de conséquences pour eux-mêmes et pour leur avenir.

Pourquoi, dès lors, penser que nous en serions incapables s’il s’agit du travail et de décisions à prendre à cet égard ? Je crains qu’une sorte de protectionnisme malsain se soit installé dans notre société au cours de ce dernier siècle. Nous partons du principe que l’individu doit être protégé contre les décisions des entreprises (et leurs conséquences). Et c’est vrai, dans une certaine mesure. Notre système de sécurité sociale vise à réduire les inégalités et à offrir une vie décente à ceux qui vivent dans la précarité.

Mais je crains que ce système nous ait rendus paresseux et nous ait fait perdre notre ressort. Au Danemark, 22 % de la population active change d’emploi chaque année. Par ailleurs, un employeur peut très facilement licencier des collaborateurs. Ce pays investit, en outre, énormément dans l’employabilité. C’est ce que l’on appelle la « flexicurity » : une combinaison de sécurité et de flexibilité. Ce genre de système crée une culture dynamique. La population sait qu’il est plus facile de changer de fonction et en change donc plus facilement. Les Danois ne bénéficient pas d’une sécurité d’emploi, mais de la garantie de trouver un emploi. Une personne avec une capacité de rebond est « employable ». Une personne qui en manque trouvera plus difficilement sa voie.

Voilà pourquoi j’estime que la faculté de repartir de plus belle est l’un des principaux éléments du modèle d’employabilité durable et qu’il a une influence positive sur l’employabilité.

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