Gérer de façon dynamique, c’est lâcher prise

Plus de 185 000 Belges exercent plus d’un emploi. On les appelle « slashies » : employé / serveur, par exemple. 4,1 % des travailleurs belges ont un deuxième emploi et perçoivent un deuxième salaire. Il s’agit généralement d’hommes célibataires. Je suis marié, père de trois enfants et j’ai un deuxième emploi en tant que moniteur d’auto-école.

Quelquefois, je suis également « chauffeur de taxi » pour des jeunes sportifs qui sont de sortie pour faire la fête. Pour mon autonomie et la leur, je suis également accompagnateur afin de les aider à obtenir leur permis de conduire. C’est mon flexi-job durant mes temps « morts » ! Grâce à mon brevet B de moniteur d’auto-école, j’évite les angoisses que peut avoir une maman ou un grand-père lors des séances d’entraînement sur la voie publique.

Ma fille, Laure, a entre-temps réussi son permis et conduit désormais seule. Mes deux autres filles attendent donc leur tour. Alors qu’approche une ère de voitures autonomes, mon flexi-job est menacé. Mes filles auront-elles le plaisir de parcourir le vaste monde à bord d’un véhicule autonome ? Contrôler soi-même ou contrôle autonome ? Le principe d’autogestion dit « holacratie » est également de plus en plus introduit dans les entreprises. Mais cette nouvelle tendance dans les RH n’est pas au goût de tous les dirigeants d’entreprise. L’association inopportune avec « l’autonomie » est rapidement faite. Piloter, coupler, débrayer… Tout cela peut porter à confusion.

L’holacratie rend heureux

Le principe de l’autogestion doit permettre aux équipes de se gérer elles-mêmes sans nécessiter la présence permanente d’un supérieur hiérarchique, comme le moniteur d’auto-école lors d’un accompagnement. L’holacratie a pour objectif de libérer les entreprises et leurs collaborateurs. Cela consiste à lâcher prise, mais avec des règles et des conventions. Manquant d’expérience dans la circulation, Laure est-elle heureuse ? Oui ! Grâce à la liberté dont elle jouit, à la découverte de ses possibilités. Mais avec la voiture de maman et sous la supervision de papa ! Collaborateurs, enfants, chefs d’entreprise : aucun d’entre eux ne sont des magiciens dont on peut (tout à coup) se détacher totalement. Une voie qui mène à une plus grande liberté ou à l’autogestion requiert une confiance clairement exprimée envers les personnes concernées et un accompagnement dans le rythme du lâcher-prise.

Le World Happiness Report affirme que « 72 % des travailleurs sont malheureux » et que « chacun d’eux coûte 13 000 € par an en perte de productivité ». Des collaborateurs heureux ont pour résultat 80 % de burn-out en moins, une baisse de 66 % des absences pour cause de maladie, une diminution de 50 % des accidents du travail, une productivité accrue de 45 %, etc. Des collaborateurs heureux génèrent 37 % de vente en plus. Le meilleur résultat est cependant une augmentation de 300 % du point de vue de l’innovation ! Il en va de même pour des enfants heureux. Ils ont moins de frontières sociales et explorent mieux. Une étude de l’économiste comportemental Jan-Emmanuel De Neve m’a appris qu’un tiers du bonheur était déterminé par les gènes des parents et les deux tiers restants par l’expérience et les compétences acquises. Ne devons-nous donc pas prendre le bonheur au sérieux en tant que parent, enseignant ou employeur ?

En tant qu’employeur, vous avez un impact sur celui-ci, par le biais d’interventions structurelles telles que le type de rémunérations par exemple. Qu’est-ce qui fonctionne le mieux : 30 000 €/an ou 25 000 €/an + 5 000 € de bonus de groupe. Quelles sont les initiatives possibles pour lutter contre le stress négatif ? Le coût annuel de la mauvaise santé est actuellement dix fois supérieur aux investissements annuels effectués pour le bien-être au travail. Pourtant, chaque euro que vous investissez par collaborateur dans la prévention et la promotion de la santé a une valeur de rendement économique de 2,2 euros et il fait baisser les coûts d’absentéisme de façon équivalente. Dans plus de 60 % des cas, le délai de retour sur investissement est inférieur à six mois. Un budget qui peut être dévolu à un bonus de groupe.

Le fait de conduire seule rend-il ma fille plus heureuse ? Oui. A-t-elle encore des questions ? Oui. Arrivera-t-il un moment où elle ne posera plus de questions au sujet de la sécurité routière ? Oui. Je serai alors vigilant et je passerai à la vitesse inférieure. À l’instar de Jeremy Clarkson qui rédige des rubriques et critiques au sujet des moteurs et véhicules, les entreprises pourraient publier leurs chiffres de satisfaction au travail.

Plus d’info ?

http://worldhappiness.report/
http://www.sbs.ox.ac.uk/community/people/jan-emmanuel-de-neve
http://fr.metrotime.be/2016/02/01/must-read/les-slashies-les-sauveurs-de-leconomie/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Clarkson
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