Une solution au problème des embouteillages : choisir où et quand vous travaillez

L’année dernière, les embouteillages ont connu une aggravation structurelle dans notre pays. Pendant plus de 50 jours, la Belgique a connu pas moins de 100 kilomètres de files. Les chiffres de 2015 confirment que nos routes sont de plus en plus encombrées. Ce qui est nouveau par contre, c’est que même pendant les heures creuses et dans des zones d’ordinaire moins touchées par les embouteillages, le problème augmente.

Une étude récente réalisée par Securex (septembre 2015) a démontré qu’en moyenne, le travailleur belge passait 54 minutes par jour sur les routes.

Ce sont les travailleurs de Bruxelles qui passent le plus de temps sur les routes : pas moins de 95 minutes par jour (pour 49 minutes en Flandre et 51 minutes en Wallonie). Plus de 60% des personnes qui travaillent à Bruxelles passent plus d’une heure en route, alors que ce n’est le cas que pour 21 % en Flandre et en Wallonie. Le travailleur doit compter près d’un quart d’heure de plus s’il travaille dans une ville belge « moyenne » (Bruxelles comprise), par rapport au fait de travailler en dehors des centres urbains. Déménager dans la ville de votre employeur (un conseil souvent donné), n’offre aucune garantie d’une meilleure circulation entre le domicile et le lieu de travail. En effet : en travaillant près de votre domicile en ville, vous parcourez certes moins de kilomètres, mais il n’est pas dit que vous gagnerez du temps.

Vous passez donc près d’une heure en voiture chaque jour. En vélo ou à pied, une demi-heure à peine. Et en transports en commun, 96 minutes… Soit la durée la plus longue. Les transports en commun, souvent mis en avant, ne constituent clairement pas, à l’heure actuelle, la meilleure alternative, car c’est ce qui dure le plus longtemps, et est en outre considéré comme le plus pénible.

Je change d’emploi

43 % des personnes qui passent plus d’une heure en route sur le trajet domicile-travail veulent troquer leur lieu de travail actuel pour un poste plus proche de chez eux. Ce pourcentage ne s’élève plus qu’à 17 % pour les personnes qui passent moins d’une heure sur les routes. Cela constituera à coup sûr un défi, à l’avenir, pour les employeurs situés dans des zones susceptibles d’être confrontés à des embouteillages. Le temps de trajet moyen atteint déjà 54 minutes, et la circulation va encore s’intensifier dans les années à venir. De ce fait, la vitesse de circulation diminuera, et la durée du trajet augmentera. C’est sans doute pour cette raison que de plus en plus de personnes choisiront un autre emploi, moins exigeant en termes de temps de trajet et offrant une flexibilité accrue. Avec la nouvelle « guerre des talents » (car l’économie reprend, et au vu du nombre de fonctions problématiques), cela donne matière à penser pour de nombreuses organisations actuellement implantées en ville.

Les solutions ?

Il y aura toujours des embouteillages dans un pays urbanisé comme la Belgique. Mais des solutions existent. D’après les experts, il faut investir dans les transports en commun, les possibilités de changement et l’infrastructure cycliste. La taxe kilométrique, pas uniquement pour les camions mais aussi pour les voitures, offre également une perspective.

Nous proposons une autre solution : permettre aux travailleurs de davantage choisir où et quand ils travaillent. Soutenir et encourager le fait de travailler indépendamment de l’heure et de l’endroit peut s’inscrire dans un plan de mobilité durable, et résoudre partiellement la problématique du trajet domicile-travail. À l’heure actuelle, 30% des travailleurs choisissent où ils travaillent, et 31% quand. À peine 17% peuvent déterminer le lieu et le moment. 56% déclarent ne pouvoir choisir ni l’un, ni l’autre. Le potentiel de croissance est donc clairement présent. Permettre à davantage de travailleurs de choisir à quelle heure ils commencent et terminent, pourrait soulager le réseau routier. Permettre le télétravail ou le travail depuis un autre site plus favorable peut également aider.

En outre, le fait de travailler indépendamment du lieu et de l’heure présente de nombreux autres avantages, aussi bien pour le travailleur (vitalité accrue, moins de stress) que pour l’employeur (performances élevées). Bien évidemment, plusieurs conditions préalables (type de travailleurs, culture de l’entreprise et taille de l’entreprise) doivent être remplies afin que le travail indépendant du lieu et de l’heure ait une influence positive sur les résultats de l’entreprise. Il va sans dire que pour certains postes, cette flexibilité n’est pas envisageable : les institutrices ou les infirmières, par exemple. Dans ce contexte le principe « One size fits all » ne s’applique pas. Chaque organisation, chaque travailleur, a besoin d’une approche personnalisée. Signalons encore qu’il n’y a pas, actuellement, de cadre légal régissant les horaires flottants…

Vous voulez en savoir plus sur le travail indépendant du lieu et de l’heure ? Lisez donc notre livre blanc !

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Publié dans Mobilité

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