Vos collaborateurs et vos responsables sont-ils prêts au télétravail et/ou travail à domicile ?

Le télétravail reste un sujet brûlant. « 1 travailleur sur 3 voudrait et pourrait travailler à domicile, mais n’y est pas autorisé par son patron », titrait dernièrement De Standaard, à la suite d’une enquête menée par le Service Public fédéral Mobilité.

La pression monte

La mobilité est l’un des défis auxquels les Belges sont confrontés à relativement court terme. Les principales artères du pays arrivent à saturation. Le nombre d’embouteillages structurels exprimés en nombre de kilomètres grimpe chaque année pendant les heures de pointe, mais aussi de plus en plus pendant les heures creuses. Et l’avenir s’annonce encore plus sombre.

La mobilité — ou plutôt l’immobilité — est donc une tendance importante dont vous, en tant qu’individu, et l’organisation devez tenir compte.

La demande d’une plus grande flexibilité s’accroît

La frontière entre le travail et la vie privée s’estompe de plus en plus. Alors que ces deux mondes étaient encore bien distincts il y a peu, c’est souvent aujourd’hui de moins en moins le cas. Les technologies de communication permettent de faire se croiser de plus en plus fréquemment et de manière plus ouverte les messages du domicile et du lieu de travail.

Le taux maximal d’occupation de nombreux bureaux paysagers est généralement calculé sur la base de 70 % du personnel. Autrement dit, il arrive à certains moments qu’il n’y ait tout simplement plus de place et qu’il soit impossible de se concentrer au travail. Les scientifiques sont unanimes : les bureaux paysagers sont responsables de nombreux problèmes psychosociaux.

La quête d’un autre endroit où travailler en fonction du niveau de concentration que requiert le travail à ce moment-là (selon le principe de « activity based working ») est un des effets pervers du travail en open spaces. Dans les années 70 déjà, le sociologue Karasek soulignait l’importance de pouvoir organiser son travail soi-même afin d’inhiber le stress (professionnel) : ce genre d’aménagement de travail ne diminue, certes, pas le stress, mais aide l’individu à mieux l’appréhender.

Mais…

Rien d’étonnant donc au fait que le travail à domicile et le télétravail soient évoqués comme solutions à ce problème. Mais ne vous méprenez pas : en tant qu’organisation, vous ne pouvez pas simplement dire à vos collaborateurs de travailler exceptionnellement à distance un jour où il neige. Le télétravail et le travail à domicile nécessitent de remplir plusieurs conditions préalables :

  • votre infrastructure (téléphonie, IT, numérisation des documents…) est-elle adaptée ?
  • vos collaborateurs et vos responsables y sont-ils prêts ? Qu’en est-il de votre culture d’entreprise ?

La seconde question représente peut-être le principal défi : les travailleurs doivent savoir qu’il leur sera demandé d’être aussi performants, voire encore plus, sans être physiquement présents dans l’organisation. Qu’ils seront évalués sur le résultat du travail et pas nécessairement sur le nombre d’heures effectuées. L’illusion du contrôle existe encore dans de nombreuses organisations (et parfois à tort).

Les collaborateurs sont en mesure d’organiser leur travail de manière responsable et de travailler où et quand bon leur semble. Mais cela s’applique uniquement à ceux pour qui le travail représente plus qu’une simple forme de revenus. Il s’agit donc des collaborateurs « engagés » ou impliqués.

Lire aussi : « 10 astuces pour motiver vos travailleurs »

Une récente étude menée par le professeur Schaufeli (2017) indique que seulement 20 % des travailleurs belges sont engagés. C’est peut-être un peu réducteur, mais il s’agit environ du pourcentage de télétravailleurs que compte actuellement notre pays.

Attention à la « pensée linéaire »

Nous pensons souvent que « faire comme ça nous permettra d’obtenir ce résultat-là ». La réalité est bien plus complexe : il s’agit d’un enchevêtrement d’une foule de variables interdépendantes et corrélées, de choix individuels et d’intentions.

Nous avons calculé l’impact du travail à domicile sur les kilomètres parcourus des voitures de société des collaborateurs concernés. L’hypothèse était la suivante : après un certain temps, les voitures de société des travailleurs à domicile rouleraient probablement moins et seraient amorties après plus longtemps. Rien n’est moins sûr…

Conclusion ? Le télétravail et le travail à domicile peuvent sans aucun doute résoudre partiellement l’enjeu de la congestion du trafic, mais seulement si nous tenons compte des conditions préalables et du fait qu’en pratique, deux jours de télétravail par semaine sont un maximum.

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