Pourquoi votre dos, votre nuque et vos poignets sont-ils en mauvais état ?

Les « maux de bureau » les plus fréquents

Nous mangeons sainement et nous faisons du sport. Mais au bureau, nous négligeons notre posture. « Les gens sont souvent ancrés dans leurs habitudes », estime Guido Moerman, conseiller en prévention chez Securex et familier des maux de bureau tels que la nuque raide, en raison d’une utilisation intensive de la tablette. « Nous arrivons souvent lorsque les problèmes surviennent. Et pourtant, ici encore, mieux vaut prévenir que guérir. »

Cela fait près de trente ans que Guido Moerman est dans le métier. Au fil des ans, il a vu s’accroître l’importance de l’ergonomie, mais aussi combien elle était négligée. À l’heure actuelle, tout ou presque est numérique ou passe par un ordinateur. « Le problème, c’est que l’on ne peut pas compenser une mauvaise posture au bureau par une pratique sportive régulière, par exemple », précise Guido.

Votre corps doit tenir bon toute votre vie. Si vous travaillez derrière un bureau, voici quelques points importants en matière d’ergonomie, ainsi que des erreurs fréquentes à éviter :

  1. Vous travaillez toujours dans la même position

L’une des erreurs les plus fréquentes est de toujours travailler dans la même position. Les gens ne se soucient pas vraiment de leur posture et cela laisse des traces si cette posture n’est pas naturelle. « Beaucoup de personnes travaillent longtemps dans une position contre-nature pour leurs articulations, ce qui entraîne de nombreux problèmes physiques. Le fameux « text neck », de plus en plus fréquent ces derniers temps, est l’une des conséquences », ajoute Guido.

  1. Votre environnement de travail n’est pas adapté

De nombreux collaborateurs de bureau n’aménagent pas correctement leur environnement de travail. « Avec la tendance du télétravail, nous constatons que beaucoup de personnes n’en tiennent pas compte », déclare Guido. Ils travaillent là où se trouve leur ordinateur portable. « Certaines personnes télétravaillent trois jours sur cinq, mais sur la table de la cuisine. » L’environnement de travail, au bureau comme à la maison, doit être adapté à votre physiologie. À la maison, une chaise de bureau n’est pas un luxe superflu. « Voyons votre chaise. D’abord, il faut adapter sa hauteur à votre taille. Le réglage de la profondeur d’assise par rapport au dossier est primordial afin de soutenir suffisamment le bas de votre dos. Réglez ensuite le mécanisme du dossier en fonction de votre poids, afin de pouvoir travailler d’une manière confortable et plus dynamique. »

Votre chaise de bureau est donc importante, tout comme la hauteur de votre bureau. « De nombreuses plaintes sont dues au fait que la hauteur du bureau n’est pas adaptée. Voici une indication d’un bon réglage : vos avant-bras doivent pouvoir reposer horizontalement sur votre plan de travail. Cela vous évitera des douleurs dans le haut du dos, les épaules et la nuque », explique le conseiller en prévention.

Reste encore la hauteur de l’écran. « Pour éviter les problèmes de nuque, le bord supérieur de votre écran (donc également de votre portable) doit être à la hauteur de vos yeux, pas plus. Pour ceux qui utilisent un ordinateur portable, cela implique un rehausseur, un clavier et une souris », déclare le conseiller en prévention. L’aménagement du bureau dans l’espace est également important. « Idéalement, installez votre bureau parallèle à une fenêtre pour éviter les réflexions et les contrastes trop importants sur l’écran. C’est une règle toute simple qui améliore nettement le confort. »

  1. Nous surestimons la souris (et son tapis)

Une fois que votre chaise de bureau et votre bureau sont correctement adaptés, place au matériel qui se trouve sur votre bureau. « Il est important d’avoir suffisamment d’espace sur votre bureau. En outre, l’aspect et la couleur ne sont pas négligeables. N’optez par exemple pas pour un plan de travail blanc et brillant. Quant aux souris ergonomiques et tapis adaptés, ce ne doit être qu’en dernier recours. D’ailleurs, leur effet est minime, voire psychologique », estime le conseiller en prévention. « C’est dernier temps, c’est plutôt une tendance. Mais en soi, un tapis de souris n’est pas nécessaire, car il entrave la liberté de mouvement du bras et donc la variation de la posture de travail. C’est juste que la plupart des gens ont l’habitude d’en utiliser un. »

  1. Peu de pauses

Passer huit heures non-stop assis à votre bureau, ce n’est pas une bonne idée. Il faut faire des pauses. C’est peut-être le conseil le plus important qui soit. « Cela ne signifie pas que vous deviez aller vous promener dix minutes toutes les heures. Faire une pause, c’est apporter de la variation. Vous pouvez par exemple faire une réunion debout ou vous lever toutes les vingt minutes pour relancer votre métabolisme. Levez-vous pour répondre au téléphone. », ajoute Moerman qui décrit le poste de travail assis-debout comme la solution d’avenir. « Cela permet de varier d’une position assise à une position debout tout en travaillant. »

  1. Le patron (ou les collègues) ne lance pas la réflexion

L’ergonomie ne concerne pas uniquement le travailleur individuel, mais aussi le patron. C’est à lui de fournir des bureaux et des chaises réglables. « Cela s’est amélioré au cours de ces dernières années. Mais parfois, j’arrive dans une entreprise où ils ont du matériel d’excellente qualité, mais ne s’en servent pas ou ne les règlent pas correctement en fonction de la taille des travailleurs », constate-t-il. « L’implication du travailleur, pour l’ergonomie, joue bien évidemment un rôle majeur. » Et l’ergonomie est en outre une question de culture d’entreprise. « Certaines personnes qui travaillent dans un bureau ouvert n’osent par exemple pas s’étirer de temps à autre, se lever ou faire quelques pas, parce que certaines personnes estiment que cela ne se fait pas. Dans ce sens, l’ergonomie est une question de mentalité. »

Cet article est initialement paru dans une édition précédente du Mark Magazine.

Share on pinterest

Laisser un commentaire

Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.